Hé oui, les 3 petits cochons avaient bien raison. Bois pour la structure, paille pour l'isolation et brique de terre compressée pour l'inertie. Voici à mes yeux l'une des plus rationnelle et des plus efficaces façons d'implanter un habitat pour humain sur notre planète.
Pourquoi courir après une performance énergétique à grand coup de polyuréthane, de béton radioactif (cf le dernier décret très populaire sur l'autorisation pour l'industrie nucléaire à incorporer certains de ses déchets à différents produits manufacturés), de pompe à chaleur (cf article précédent sur le pouvoir CO² des pompes à chaleur en plus du fait que ce n'est finalement qu'un chauffage électrique), et de vitrage PVC avec revêtement en métaux rares et lame de gaz rare (produit hautement technologique à base de pétrole donc au coefficient polluant fort, voire très fort) ?
Avec de tels produits, je transforme à peu près n'importe quel bâtiment en BBC, même une mairie des années 50 en granit maçonné comme on savait les faire en Ille-et-vilaine. Je ne m'étendrai pas encore une fois sur les nombreuses imperfections de la réglementation thermique (RT2005) qui a mon sens est et demeurera (RT2012) un bon outil de comparaison de bâtiments entre eux ainsi qu'un outil pédagogique, à condition de savoir faire preuve d'esprit critique.
Mais est-ce que je réalise un bâtiment entièrement performant ?
Ma réponse est "Non".
L'énergie grise dépensée pour créer les matériaux soit disants performants, l'incapacité de l'industrie à recycler entièrement ces matériaux en fin de vie, les pertes beaucoup trop grandes de matières premières lors de l'élaboration des produits ou leur entretien, l'impact catastrophique de l'extraction de ces matières premières sur leur site de concentration et finalement la très faible quantité disponible qui transforme ces matières en produits spéculatifs font de TOUT produit actuellement sur le devant de la scène un "mensonge" écologique.
Le bilan d'un tel bâtiment est négatif. A quoi bon dépenser 3 fois moins d'énergie qu'un bâtiment "ordinaire" puisque de toute façon, la dette écologique d'une telle construction dépasse allégrement les 250 ans ?
Vous êtes rationnel ? Vous voulez habiter une demeure avec une empreinte écologique faible, voire positive ? Et en plus, vous êtes volontaire, prêt à prendre sur votre temps libre (heureusement, vous avez laché ce boulet qu'est l'emploi salarié à plein temps et vous avez épuré vos crédits auprès des organismes bancaires, ce qui vous accorde du temps, donc de la liberté, donc de la joie).
Le bois de construction se trouve assez facilement localement.
La terre est sous vos pieds.
Les bottes de paille existent, à droite, à gauche (en espérant que ce soit des cultures sans pesticides, fongicides ou OGM bien sur). Il faut fouiller, demander, chercher, interpeller et vous finirez par trouver. En plus, les maçons, les charpentiers, les paysans (oui, ce nom est noble), redécouvrant le savoir perdu dans l'entre-deux guerres (merci messieurs les militaristes) sont de plus en plus nombreux. Les compétences existent et elles sont souvent gratuites lorsque la première condition est respectée (cf "heureusement, vous avez laché ce boulet...")
Pourquoi hésiter et finalement acheter à un tarif prohibitif un bâtiment inadapté auprès de constructeurs ayant plus en tête un bilan comptable qu'un bilan écoresponsable ?
Quelques pistes à suivre et erreurs à éviter :
L'isolation est faîte pour l'extérieur. Avez-vous l'idée de mettre votre pull en laine sous votre maillot de coton (ou de chanvre) ?
Le bois est un excellent combustible à la condition que le poêle qui le brule soit étudié pour, sinon, c'est un grave polluant atmosphérique (micro-particules et particules).
La ventilation mécanique contrôlée est une erreur lourde de conséquence induite par les contraintes de l'isolation étanche à l'eau à l'intérieur des maisons.
Les maisons ne sont pas faîtes pour durer 300 ans, c'est une vision de l'esprit capitaliste inadaptée à notre environnement et à son respect (demandez-vous pourquoi les américains du Sun Belt reconstruisent eux-mêmes et avec le sourire après le passage d'une tornade... à comparer au dernier événement survenu sur nos côtes ce printemps...).
Les vitrages sont forcéments déperditifs par rapport à un mur intelligemment monté. Si ce n'est qu'ils sont dans 90% des cas positifs lorsque plein sud.
Un espace tampon modifie radicalement le comportement d'une paroi, quelque soit son exposition. Une véranda, une serre, une pièce de service...
La construction sur vide-sanitaire est un non-sens issu des techniques industrielles de construction et leurs contraintes contre-nature, même sur terrain "mouvant" (nos archéologues ne retrouvent-ils pas des piliers de fondation vieux de plusieurs millénaires, dans des terrains lacustres, donc on ne peut plus mouvants, et pourtant intact dans leur positionnement ?)
Les matériaux même issus de l'industrie du bâtiment présentent parfois un bilan écologique favorable, chaque cas mérite d'être étudié précisément.
