
Il y a peu de temps, un client me déclarait que la laine de roche était un isolant écologique et sain puisque composé de pierre et à 98% d'air.
La laine de roche est effectivement composée de basalte mais pas uniquement.
Il est ajouté environ 20% de laitier (un sous produit de la métallurgie contenant des oxydes métalliques, essentiellement des silicates, des aluminates et de la chaux). Nous ne sommes déjà plus sur de la pierre mais sur un résidu industriel pour 1 part sur 5.
Ensuite, certaines laines de roche (une majorité) sont équipées d'un revêtement en papier. Cette couche de papier est traitée pour gagner des propriétés de frein-vapeur au moyen d'additifs polymères. Elle est fixée sur la laine de roche au moyen de colles relarguant diverses substances (solvants irritants, formaldéhydes).
Enfin, les fibres sont pour certaines laines liées entre elles au moyen de fibres plastiques thermofusibles, capables elles-aussi de relarguer des composés organiques volatiles peu compatibles avec nos voies respiratoires, voire de colles plastiques (cf. paragraphe précédent).
Ceci étant dit, les fabricants affichent que leurs laines de roches sont à 98% de l'air. Le produit fini contient effectivement beaucoup d'air. C'est le propre de tout isolant : emprisonner des micro-bulles d'air. Tous les isolants sont ainsi fait. Lorsque nous voulons comparer la composition d'un isolant, nous ne comptons pas sa part d'air mais la composition de la matière fibreuse qui le constitue. C'est donc détourner la question de la composition que d'affirmer qu'elle est à 98% composée d'air.
Sur le plan écologique, la matière première est une roche, or l'extraction minière est une activité industrielle parmi les plus catastrophique sur le plan écologique.
La transformation en fibre implique de porter la roche à sa température de fusion, ce qui consomme une quantité d'énergie énorme, difficile à récupérer même sur les 50 ans de durée de vie de l'isolant.
Ces industries sont souvent à l'étranger et le volume occupé par l'isolant implique beaucoup de transport, là encore, le bilan est catastrophique.
Enfin, pour faire bref, j'ajoute l'extrait d'un rapport de synthèse d'une étude de l'INSERM, réalisé sur la demande des pouvoirs publics et des acteurs du bâtiments et de l'industrie, à propos de la toxicité des fibres en remplacement de l'amiante.
"En expérimentation animale, par contre, les données sont sans ambiguïté sur plusieurs espèces animales et par diverses voies d’exposition. Les fibres céramiques entraînent, à l’égal de l’amiante, des fibroses pulmonaires, des cancers du poumon et des mésothéliomes.
Qui plus est, dans une comparaison en nombre de fibres inhalées chez le rat, la fibrose produite est plus accentuée avec les fibres céramiques (Ndlr : la laine de roche) qu’avec 50 fois plus de fibres de chrysotile (NdlR : l'amiante).
"En inhalation toujours, le hamster présente un nombre record de tumeurs pleurales (mésothéliomes). 40% des animaux sont atteints, ce qui pourrait, à même nombre de fibres, amener à considérer ces fibres céramiques - du moins dans ce modèle animal - comme plus cancérogènes que la crocidolite. Dans le même sens, chez le rat, mais en injection dans le péritoine, les fibres céramiques apparaissent aussi cancérogènes que la crocidolite.
Il n’y a pas d’exemple historique où de tels effets sur plusieurs espèces animales n’ont pas été retrouvés chez des humains exposés aux mêmes
produits. Et on pourrait citer plusieurs cancérogènes chez l’homme (comme le chlorure de vinyle monomère) où les effets ont d’abord été observés en expérimentation animale."
Ce document de synthèse est lisible ici : http://andeva.fr/?Effets-sur-la-sante-des-fibre
