
Dans les années 50, Marion King Hubbert annonçait le pic de production de pétrole pour les états-unis. Cette étude, maintenant célébre, annonçait très sérieusement le summum de la production états-uniennes dans la décénnie 1970. Elle fut bien peu médiatisée à l'époque. Pourtant, dès 1972, le choc pétrolier se produisait, soit disant pour des raisons stratégiques, économiques et idéologiques. Etrange coïncidence pourtant qui autorisa des gouvernements à mener des politiques couteuses, liberticides et autoritaires ainsi que militairement offensives avec l'appui de l'opinion publique, toujours maintenue dans la quasi-totale ignorance de cette information.
L'étude de King Hubbert a été actualisée et étendue à l'ensemble de la ressource en pétrole mondiale. Le résultat, déjà disponible dans les années 80, annonçait un pic de production pour la période 2000-2010. Un peu plus médiatisée, elle n'a pourtant que peu émue le commun et surtout pas permis la réduction volontaire de la consommation de la ressource. Le discours fut alors qu'il s'agissait là d'une manifestation alarmiste et provoquante de groupes activistes écologistes, des extrémistes bien peu crédibles visant plus à semer le chaos et l'anarchie dans la gouvernance mondiale que désirant préserver la société d'une crise Majeure.
Nouvelle coïncidence du calendrier, l'extrème-orient s'enflamme pourtant à nouveau sur cette période là. Officiellement, il s'agit de défendre les libertés des peuples soumis à des dictateurs. C'est tout de même une belle coïncidence.
Parallélement à ce calendrier décidant bien "coïncidant", un groupement scientifique annonce le réchauffement climatique. Une catastrophe à échelle mondiale. Voilà par contre un discours largement, très largement, médiatisé. Il faut dire qu'il s'appuie sur des réalités concrètes, des phénomènes que tout à chacun a pu, peut et pourra éprouver. Loin des calculs compliqués et des courbes statistiques illisibles, c'est la chair même des peuples qui affirme la véracité de cette annonce : multiplications des phénomènes climatiques extrèmes, disparition des inter-saisons, modification profonde des dates de fleuraisons des espèces locales, etc. La conclusion du discours est évidente, il faut impérativement que chaque citoyen du vaisseau terre cesse de produire des gaz à effet de serre et surtout, surtout, il faut que chacun fasse un effort pour soutenir le passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables, sans toutefois enrayer la machine économique. Hé oui, il est hors de question pour les industries d'exploitation de l'énergie de réduire leurs gains. Au contraire. C'est donc à chaque individu, à commencer par les plus nombreux, à savoir ceux en dessous de 800€ de revenus mensuels, de faire des efforts. Logique, comme ils sont nombreux, c'est eux les plus gros pollueurs.
Voila une excellente justification à des politiques contraignantes, d'abord manifestées par des mesures "incitatives" (prime à la casse des véhicules polluants, défiscalisation pour l'immobilier économe...), puis par des mesures restrictives (interdiction des ampoules à filaments, obligation à la production locale d'énergie...). Car c'est évident, ce ne sont pas les très grandes entreprises, qui au cours des 50 dernières années ont engrangées des milliards et des milliards de dollars, d'euros et autres en bénéfices, qui peuvent financer les installations de production d'énergies renouvelables. Pas tant que le payeur, vous, moi, nous, pouvont encore gratter nos fins de mois pour acheter toujours et encore plus chère l'énergie. D'un côté, nous acceptons donc de continuer à verser de plus en plus d'argent à ces sociétés détenus par une poignée de personne, mais en plus, nous nous conditionnons nous même à faire des efforts pour réguler notre consommation et nous nous préparons nous-même à payer une fortune une énergie "verte" dans les décennies à venir.
Et bien sur, nous poussons toute la société à accepter les contraintes : barrages hydrauliques sur les grands fleuves détruisant des millions d'hectares d'espaces préservés, implantation d'hydroliennes en pleine mer détruisant des sites de reproduction d'espèces protégées, immobilisation des terres agricoles au profit de centrales photovoltaiques stérilisantes, financement massif d'hyper-technologies comme la fusion ou la Z-Machine, nouvelles poules aux oeufs d'or pour quelques uns, et en attendant, forages en eaux profondes (cf deep water dans le golfe du mexique), exploitation des gaz de schistes (cf le documentaire GAZLAND), maintien et investissement massif dans le nucléaire (cf INTO ETERNETY et les recherches de centrales immergées chez AREVA notamment)... d'autres exemples pourront venir enrichir cette courte et triste liste d'ici 5 ans. En attendant, j'ajoute à cela la sur-exploitation des forêts et le remplacement des cultures vivrières, avec l'implantation forcée d'espèces étrangères sur des parcelles non adaptées (cf plan d'exploitation du Sitka en Bretagne notamment, la culture massive d'herbe à éléphant au Brésil, de colza à huile en France...).
Non seulement nous courons à une catastrophe bien pire que le réchauffement climatique mais nous le faisons en adhérant apparemment complètement à cette marche forcée.
Sur un plan géostratégique, il se produit actuellement un phénomène tellement énorme, flagrant et catastrophique qu'apparemment personne ne le voit venir. Le conflit est-ouest est un passé. Le conflit nord-sud est une poudre aux yeux puisque le nord n'a jamais aussi bien tenu sous sa coupe (ou son glaive) le sud. Par contre, ce qu'apparemment personne ne voit arriver est l'opposition Puissances installées versus Puissances émergences. D'un côté du ring, EU, GB, France, Allemagne, de l'autre côté, Brésil, Chine, Russie, Inde. D'un côté, les financiers du monde qui n'ont pas l'intention d'arrêter de s'enrichir, de l'autre les ressources naturelles indispensables à cet enrichissement.
Pourtant, quel que soit le pays, la douleur de la vie quotidienne est la même partout. Les causes différent en apparence, pourtant, il y a autant d'agriculteurs français qu'indiens qui se suicident, autant d'ouvriers qui finissent leur mois en crevant la dalle dans des logements minables, il y a autant de chinois que d'allemands qui prennent leur vélo pas par conviction ou plaisir mais parce qu'ils n'ont pas le choix, il y a autant de moscovites que de bretons qui ont froid l'hiver parce que chauffer leur appartement est trop cher...
Mais qui plus que celui qui a froid et faim est prêt à se jeter dans la bataille, verser le sang, le sien et celui de l' "ennemi", au nom d'un "meilleur avenir" ?
Dans les jours prochains, je vous parlerai peut-être du prix du gaz, ce polymorphique et mourant rejeton de l'économie mondiale.
